Compte-rendu de la journée d’action du 21 Octobre 2013

Pour sa première apparition officielle, le comité de mobilisation de Grenoble contre la loi Fioraso avait choisi un rendez-vous plein de sens : le conseil d’administration du PRES de Grenoble, qui avait lieu ce Lundi entre 9h et 12h dans la salle des colloques du BSHM. Afin de ne pas perturber le bon déroulement de l’action (déplacement in-extremis de la réunion par les bureaucrates), le com’mob n’avait volontairement pas communiqué sur cette action. Maintenant que celle-ci s’est déroulée dans la joie et la bonne humeur, nous pouvons vous en rendre compte. 

Après s’être réuni-e-s un peu à l’écart, les militant-e-s du com’mob se sont rendu-e-s, plein-e-s de bruit, de slogan et de chansons au second étage du BSHM où se déroulait une triste réunion de technocrates élu-e-s par personne et qui décident pour tout le monde. Pour eux, le programme du jour c’était de voter les multiples partenariats public-privés (comprenez financement des entrepreneurs par l’Etat) visant à la rénovation de notre campus qu’ils disent d’excellence (comprenez sans classe populaire, sans qualification et sans expérience critique). Pour plus d’informations, n’hésitez pas à lire l’ordre du jour de ce conseil d’administration ici : Ordre du jour du CA du PRES de Grenoble (21/10/13)

Cette bande d’encravaté-e-s ne fut ainsi pas tout à fait ravie de nous voir débouler au milieu de son conseil d’administration, dont les enjeux semblaient d’importance. Après avoir chantés, de plus belle, trois textes furent lu. Le premier se trouve dans l’article précédent et concerne directement la loi de privatisation de l’université de Fioraso, le second concernait l’expulsion des jardins d’utopie, potagers collectif et autogérés actifs depuis près de 7 ans sur le campus grenoblois (Pensez à signer la pétition ici). Le troisième concernait enfin, l’une des conséquences immédiate de la loi Fioraso : la création de France université numérique, la plateforme d’hébergement de cours en ligne qui permettra très rapidement de se passer d’un bon nombre d’enseignant-e-s en chair et en os, comme on le sait, trop chers pour le contribuable.

Une fois le message passé,  les bureaucrates furent assez déçu-e-s de voir que nous comptions point quitter la salle de réunion. Plutôt que de nous faire participer à ce conseil qui nous concerne, nous étudiant-e-s, bien plus que n’importe qui, les bureaucrates ont préféré partir, nous abandonnant par la même un buffet de petit déjeuner bien mérité.

BUREAUCRATES : 0

ETUDIANT-E-S : 1

Mais déjà la salle quittée et les bureaucrates évacué-e-s que nous sifflaient aux oreilles une joyeuse rumeur : Mme Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur, grande architecte du nouveau projet de privatisation de l’université, serait attendue, aujourd’hui à Grenoble pour aller distribuer les susucres à ses chienschiens les plus zélés, comprenez les président-e-s des universités de Grenoble. Ni une ni deux, un nouveau rendez-vous est fixé en fin matinée. A 11h50 la nouvelle tombe : Geneviève est là, l’occasion parfaite de lui faire passer notre message : Retire ton projet de loi, Abroge la LRU, réinjecte massivement de l’argent dans l’université et fout les patrons dehors. En somme, démerde toi pour que l’université devienne laïque, gratuite, critique et populaire. Nous revoilà en route pour l’administration centrale de l’UPMF où Geneviève déjeune. Arrivé-e-s aux portes de la salle de réunion, les slogans tonnent et l’entrée nous est refusée. Finalement, la porte s’ouvre, Geneviève a été évacuée par la porte de derrière. En bas, la police, qui était aux abonnés absents depuis le début de la matinée, est finalement massivement arrivée. Dommage pour eux, aucune insulte n’a été proférée, personne n’a été violenté, pas un objet cassé ni même une feuille de papier froissée, seulement un message : NON A LA LOI FIORASO.

La bande de gai-e-s luron-e-s repart libre et satisfaite.

ETUDIANT-E-S : 2

BUREAUCRATES : 0

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Communiqué de presse du comité de mobilisation contre la loi Fioraso à Grenoble en date du 21 Octobre 2013

Pourquoi nous envahissons le conseil d’administration du PRES du 21/10/13

« Depuis des années les gouvernements successifs (de « gauche » comme de droite), conformément aux directives européennes s’acharnent à saboter l’université public. L’actuel ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche dirigé par Mme Geneviève Fioraso confirme à son tour cette tendance avec sa loi votée en catimini durant l’été.

-Les budgets des universités sont en chute libre. Une vingtaine d’universités sont d’ores et déjà en déficit. A Montpellier, Agen par manque de moyens et donc de place on en arrive à recruter les étudiants par tirage au sort.

-1500 postes d’enseignants dans le supérieur sont gelés pour l’année 2013-2014. Les nouvelles plateformes d’enseignements numériques laissent d’ailleurs présager le remplacement progressif de certains enseignements par des conférences internet.

-Dans toutes les universités on restreint le nombre de TD, les possibilités de redoublement, on durcit les critères d’assiduité pour pousser dehors les étudiants salariés et de façon générale les étudiants les moins prometteurs, les moins rentables.

-Le budget de la recherche sont considérablement amoindris. Des laboratoires fusionnent ou menacent de fermer dans toutes les villes.

Les organes pilotes de cette destruction du service public ce sont les PRES, les « pôles de recherche et d’enseignement supérieurs ». Composés de présidents d’universités et de représentants privés comme publics. Une cohorte d’experts chargé de transformer l’université en un système à deux vitesses. D’un côté les enseignements de qualité indexés sur une recherche massivement subventionné car correspondant aux stratégies économiques locales. De l’autre des centres de formation continu au rabais dans lequel on viendra suivre des formations à court terme pour des jobs sans lendemains.

L’accès à un enseignement supérieur de qualité est un droit pour toutes et tous. Car il est synonyme d’enrichissement personnel et de possibilité d’emploi stable.

L’existence d’une recherche publique et indépendante non soumise à des impératifs de rendement est un impératif démocratique car elle rend concrète et possible la controverse d’opinions.

Nous considérons que liquider la formation de toute une partie de la jeunesse est un aveu de capitulation de la classe politique face aux puissances de l’argent. Ces attaques actent la précarisation de la population tant au niveau salarial, culturel que social. Elles condamnent l’avenir du pays.

Nous appelons les membres du PRES à assumer leur responsabilité politique en condamnant ces politiques d’austérité.

Nous appelons tous les étudiants et personnels à nous rejoindre en Assemblée générale pour s’organiser contre la casse de l’enseignement supérieur. »

Intervention du comité de mobilisation, lu lors du Conseil d’Administration du Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur de Grenoble (PRES) artisan principal de la privatisation de l’université le 21 Octobre 2013 à 10h15.